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10/09/2016

Précarité, orientation, réinsertion

Les arrêts de travail de longue durée pour maladie, maladie professionnelle, accident du travail, invalidité…, peuvent compromettre la poursuite de l’activité professionnelle de personnes qui se trouvent ainsi menacées d’exclusion socio professionnelle. Pour anticiper et gérer ce risque, l’Assurance Maladie a mis en place plusieurs dispositifs pour trouver des solutions adaptées permettant la reprise et la poursuite d’une activité professionnelle (aménagements de postes, contrats de rééducation chez l’employeur, bilans de compétences, formations en Centres de rééducation professionnelle, tels que le CRP Auxilia de Nanterre.
Ces dispositifs sont adaptés à des personnes déjà salariées et ne couvrent pas la situation des personnes sous main de justice [PMJ], qui sont déjà pour la plupart éloignées de l’emploi [40 % n’ont jamais travaillé]. Pour ces derniers les Services pénitentiaires d’insertion et de probation [SPIP] assurent le suivi dans le cadre de programmes de réinsertion et de lutte contre la récidive, mais les conditions carcérales et le manque de moyens ne permettent pas d’aller au bout des ambitions affichées [par exemple la création d’agences pour l’emploi spécifiques à la détention]. C’est la raison pour laquelle l’Administration pénitentiaire s’appuie fortement sur un réseau associatif  dont Auxilia, qui intervient dans des domaines tels que l’écoute, les activités culturelles et sportives, le maintien des liens familiaux, l’accueil à la sortie, et bien entendu la formation. Dans une population dont les plus jeunes [moins de 25 ans] sont déscolarisés dans une proportion proche de 80 % l’enseignement d’Auxilia, essentiellement à distance, joue un rôle essentiel, par la mise en œuvre d’une pédagogie adaptée aux multiples contraintes de la vie carcérale. L’accompagnement personnalisé dans un esprit de compréhension mutuelle fait partie intégrante de cette pédagogie qui commence souvent par une remise à niveau. Celle-ci constitue la première étape d’une voie qui doit conduire progressivement à la recherche d’une orientation professionnelle. Il faudra pour cela que l’enseignant associe l’apprenant à la recherche des blocages et des difficultés, ainsi qu’à la détection des aptitudes. Ce temps pénal doit être utilisé pour éduquer et préparer au mieux le détenu, au retour dans la vie civile, non seulement par l’acquisition de diplômes ou de connaissances, mais aussi par une maturation psychique dont on espère qu’elle contribuera à l’objectif de réduction de la récidive par une prise en charge globale.

 

Par J-M Vicens, vice-président Auxilia (article paru dans La Lettre Auxilia n°11 septembre 2016)

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