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28/04/2017

CRP : Interview de stagiaires

Dix-sept mois de formation qualifiante : C’est long et difficile, mais aussi tellement gratifiant !

La formation qualifiante d’Employé Administratif et d’Accueil (EAA) proposée par le CRP AUXILIA et reconnue par l’État, donne accès à ce titre professionnel de niveau V.
Après une phase préparatoire de quatre mois consistant à actualiser les connaissances de base en français et en mathématiques, la formation qualifiante proprement dite commence; construite à partir du référentiel élaboré par l’AFPA, elle dure 13 mois, dont 12 semaines de stage en entreprise. Les apprentissages portent, d’une part sur les techniques d’accueil du public, d’autre part sur l’exécution de tâches administratives telles que le classement et l’archivage, le traitement du courrier, la saisie bureautique de données ou encore la gestion de stocks.
Écrites et orales, les épreuves sont corrigées et notées par un jury agréé par l’AFPA qui, en outre, doit aussi apprécier la qualité du projet professionnel du candidat.
Quand le handicap du candidat le justifie, l’Unité Territoriale des Hauts-de-Seine (UT92), dépendant du ministère, peut accorder un temps supplémentaire pour le passage des épreuves.

Ana-Maria et Célameine ont récemment obtenu le titre d’Employée Administrative et d’Accueil, et elles ont accepté de nous faire partager leur expérience.

Bonjour, vous avez suivi une formation qualifiante de 17 mois : pouvez-vous dire ce qui vous a amenée à vous engager dans ce long parcours ?
Ana : J’étais très motivée pour faire cette formation, car je savais que j’en avais réellement besoin !
Célameine : Un désir de changement et de renouveau, mais aussi l’envie de reprendre là où je m’étais arrêtée et de me prouver que j’étais capable d’apprendre et de faire.

Cette formation a-t-elle correspondu à l’idée que vous vous en faisiez ? Y avez-vous trouvé ce que vous espériez ? Ou au contraire des sujets inattendus ont-ils été abordés ?
Ana : Oui, cette formation a correspondu à ce que j'attendais : j'ai pu acquérir des compétences en informatique et bureautique, deux matières nouvelles pour moi. Mais j’ai aussi pu approfondir ma connaissance de la langue française écrite et orale.
Célameine : Cette expérience m’a apporté beaucoup plus que ce à quoi je m’attendais, non seulement sur le plan de mes connaissances, mais aussi humainement: ce fut une expérience très enrichissante.

Avez-vous rencontré des difficultés ? Peut-être des moments de découragement ?
Célameine : Oui, j’ai très souvent voulu baisser les bras, laisser le poids de la vie prendre le dessus sur mes objectifs ! Mais les liens tissés avec les collègues, les encouragements et implications des formateurs et des proches, la réussite de mes stages ont été sources de motivations et de fierté, et m’ont aidée à puiser dans mon mental et à reprendre courage.
Ana : Au début, j’ai eu beaucoup de mal, car après les 4 mois de préparatoire, j'ai eu de longs arrêts de maladie et j’ai eu beaucoup de mal à reprendre, et au retour du premier stage, je me suis sentie découragée. Mais j’ai aussi éprouvé de la fierté en constatant mes progrès, et cela m’a motivée pour continuer.

Votre projet professionnel a-t-il évolué ou au contraire s’est-il renforcé au cours de cette formation ?
Ana : Cette formation m’a permis de renforcer mon projet professionnel et de le faire évoluer de façon très réaliste et constructive.
Célameine : Oui : les stages que j’ai effectués durant ma formation m’ont permis de définir exactement mon objectif professionnel.

En repensant au chemin parcouru, quel sentiment domine en vous aujourd’hui?
Célameine : Aujourd’hui, j’ai le sentiment de pouvoir et de savoir faire. Et je sais maintenant que rien n’est impossible quand on a la volonté et la détermination.
Ana : C'est une excellente formation, qui, à cause de mes arrêts, a duré 23 mois, mais j'en suis très fière, et si c'était à refaire, je n'hésiterais pas !

Pour conclure, quel conseil donneriez-vous à une personne en reconversion professionnelle qui hésiterait à s’engager dans un si long parcours ?
Ana : Je dirais à cette personne que dix-sept mois, ça parait très long avant, mais que finalement on ne voit pas le temps passer, grâce aux formateurs, aux cours prodigués et aux liens avec les collègues.
Célameine : Finalement, ça ne parait pas si long lorsqu’on vous dit « Madame, Monsieur, vous avez obtenu votre titre » ! Alors je dirais à cette personne de ne pas laisser les poids et fardeaux de la vie lui faire croire qu’elle ne sera pas capable de réussir, et qu’il est toujours bon et jamais trop tard pour apprendre.

Édith, elle, a obtenu son titre d’EAA en juillet 2015, puis a trouvé du travail : aujourd’hui, avec le recul, elle nous fait part de son expérience quant aux apports de cette formation dans la recherche d’un emploi puis dans l’exercice professionnel.

Bonjour, un an après votre réussite, par quels mots définiriez-vous cette longue expérience de formation qualifiante ?
Édith : Outre les nouvelles connaissances et compétences que j’ai acquises, cette formation m’a non seulement aidée à accepter mon handicap, mais aussi à me poser les bonnes questions sur mon avenir.

Aujourd’hui, vous travaillez à l’éducation nationale: avez-vous mis longtemps à trouver cet emploi, et pensez-vous que cette formation et le titre obtenu vous ont aidée dans vos recherches ?
Édith : J’ai trouvé cet emploi au bout de quatre mois environ, et je peux dire que les entraînements à l’entretien de recrutement m’ont beaucoup aidée à avoir plus confiance en moi et à être plus détendue.

Les missions qui vous sont confiées correspondent-elles aux compétences que vous avez acquises lors de cette formation ?
Édith : Oui, tout à fait ; j’ai à exécuter des tâches bureautiques parfois complexes, à traiter des courriers de toutes sortes, y compris le publipostage; nous avons beaucoup étudié ces matières, et grâce à la formation je me suis rapidement sentie très à l’aise dans toutes ces tâches.

Diriez-vous que votre prise de poste a été plus facile grâce à cette formation, ou au contraire que ça n’a rien changé ?
Édith : Oui, car grâce à cette formation, j’avais plus confiance en moi, et, comme je maîtrisais les techniques, j’ai rapidement compris les enjeux et l’importance de mon poste.

Ce poste correspond-il au projet professionnel que vous aviez élaboré et soumis au jury ?
Édith : Oui, tout à fait ; je voulais un poste à caractère social, en contact avec le public, mais aussi un poste polyvalent, comportant des missions très différentes, et c’est ce que j’ai eu la chance de trouver.

En repensant au chemin parcouru depuis le tout début de cette formation, il y a plus de deux ans, quel sentiment domine en vous aujourd’hui ?
Édith : Un sentiment de fierté pour avoir appris un nouveau métier dans lequel je m’épanouis ; j’ai commencé par un mi-temps, ce qui m’a permis de m’adapter plus facilement, mais aujourd’hui je me sens capable de travailler à temps complet, bien entendu si les conditions sont compatibles avec mon handicap. C’est d’ailleurs ce que je recherche, pour des raisons financières !

Pour conclure, quel conseil donneriez-vous à une personne en reconversion professionnelle qui hésiterait à s’engager dans un si long parcours ?
Édith : Je lui dirais que, même si la formation peut paraître difficile, il ne faut pas se laisser décourager ni baisser les bras, mais qu’au contraire il faut s’accrocher.

Je luis dirais aussi que cette formation aide beaucoup à accepter son handicap et à se poser les bonnes questions : «Où sont mes vraies valeurs? Quels sont mes atouts ? Quels sont mes points forts pour mon avenir?»

Propos recueillis par G.Thélot bénévole au CRP Auxilia de Nanterre

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