Actualités
Vu au théâtre « Comparution immédiate II ...
Comparution immédiate II. Une loterie nationale ?
▪ A Paris (VIIIe), au Théâtre du Rond-Point jusqu’au 2 février (20 h 30 du mardi au samedi, 15 h 30 le dimanche).
▪ A Grasse (06), les 4 et 5 février.
On a beau le savoir et être encore averti alors que va débuter le spectacle, on a du mal à garder ça en tête : tout ce qu’on entend là sort d’un prétoire.
Le texte de « Comparution immédiate II » n’est pas le fruit de l’imagination d’un écrivain à la plume savoureuse. Non, il a été « écrit », si l’on peut dire, par tous ces « acteurs » – juges, greffiers, avocats, procureurs et bien sûr prévenus - qui peuplent les audiences judiciaires.
Dominique Simonnot, journaliste spécialisée dans les affaires judiciaires, promène depuis plus de vingt ans, pour Libération puis le Canard enchaîné, son carnet de notes dans tous les tribunaux de France. Audiences pour vols, violences, délits routiers, ivresses, trafics ou autres délits, elle a scrupuleusement recueilli ces propos souvent échangés à la vitesse d’une mitraillette. A la vitesse, surtout, d’une justice expéditive comme l’est par nature cette justice ordinaire, justice du pauvre disent certains, qu’est la comparution immédiate.
Habile à passer spontanément d’un personnage à l’autre, Bruno Ricci se fait tour à tour président tranchant, procureur s’essayant au comique, huissier fourbu sous la tâche, avocat en colère ou totalement détaché, prévenu roublard ou psychotique profond, c’est selon… Aussi sobre que le décor est froid, l’acteur, seul en scène, nous fait sourire, parfois rire. Nous émeut ou nous révolte face à tant de bêtise, voire de folie, tant d’absurdités ou des lâchetés. Celles des prévenus comme celles des professionnels de la justice. Celles de la justice tout court comme celles de notre société finalement.
« Un an ferme », « six mois », « deux ans ferme dont six mois avec sursis »… Les peines tombent et s’enchaînent, froides et implacables. Seules bulles d’oxygène, ici et là, des textes de détenus ou repris de justice lus ou déclamés par Bruno Ricci. Comme un écho à ceux qu’Auxilia a publiés récemment dans sa Lettre trimestrielle.
L’authenticité est la même. Mais selon les registres, dialogues d’audience ou écrits du cœur, le monde qu’elle nous offre à voir est noir ou lumineux.
« Comparution immédiate II. Une loterie nationale ? »
Mis en scène par Michel Didym, interprété par Bruno Ricci, d’après « Les chroniques judiciaires » de Dominique Simonnot.
Par Alain PETIOT, administrateur, Correspondant de prison Auxilia
> Sur le même thème, le dernier livre de Dominique Simonnot : « Coups de barre. Justice et injustices en France », au Seuil. Paru en novembre 2019. 304 pages. 18,00€.
Les derniers articles
-
100 ans d’engagement en roman graphique
À l’occasion de son centenaire, Auxilia franchit une étape symbolique en proposant une création éditoriale originale : un roman graphique inspiré de son histoire. Ce projet ambitieux retrace un siècle d’engagement social et solidaire, en mariant récit fictionnel et ancrage historique.
-
Marguerite Rivard, fondatrice, Madeleine Lebecel et Marguerite Pellecier, vite devenues ses comparses, n’avaient pas 30 ans lorsqu’elles ont créé Auxilia. Sur une idée simple : sortir de l’isolement celles et ceux que la maladie a mis à l’écart de la société. Le lien épistolaire initié par Marguerite Rivard, se transforme très vite en porteur de savoirs. Des cours par correspondance qui, en plus du si précieux lien social, offrent des perspectives aux malades isolés.
-
Webinaire : l'efficacité de la prison
Le 26 mai, Benjamin Monnery est intervenu en ligne pour partager avec les bénévoles d'Auxilia ses travaux sur l'effet des différents types de peine sur la récidive.
-
L’AtiGIP, un nouveau partenaire
L’AtiGIP, un nouveau partenaire pour développer le mentorat en détention
Le comité de sélection du prix « 2D » (Dedans-Dehors) s’est réuni le 5 février 2026 au Lab 2D de l’Atigip.
-
Auxilia rejoint le Collectif Mentorat
Depuis décembre 2025, Auxilia a rejoint le collectif mentorat au titre de son action de remobilisation de jeunes de moins de 30 ans incarcérés dans des établissements pénitentiaires où nos bénévoles « correspondants de prison » sont actifs.