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08/08/2022

Les réalisations du pôle Enseignement à distance

EN 2021

La dernière assemblée générale d’Auxilia l’a confirmé : en 2021 comme en 2020, les bénévoles ont surmonté les défis posés par la situation sanitaire. C’est particulièrement vrai pour le pôle enseignement à distance (EAD), dont le bilan remarquable mérite d’être mis en lumière.  

 

En effet, les formateurs, correspondants de prison et coordinateurs, ont rivalisé de détermination et d’inventivité pour continuer à accompagner les personnes détenues malgré un contexte pour le moins difficile. 

 

Certes l’engagement citoyen des bénévoles d’Auxilia puise depuis 90 ans dans un souci constant de la dignité de chaque apprenant. Mais ces 12 derniers mois, les réalisations de l’EAD ont incontestablement ouvert un chemin plus sûr vers une appropriation des conditions de l’autonomie par chacune et chacun.

Mobilisation des bénévoles malgré la pandémie 

On se souvient à quel point les restrictions sanitaires et les limitations de visites liées au Covid-19 ont aggravé l’isolement des détenus. De même, la formation professionnelle des détenus a été brutalement suspendue dans la plupart des établissements pénitentiaires, et seul le pôle enseignement par correspondance d’Auxila a pu maintenir son activité. 

 

Conscients de l’enjeu, pas moins de 151 nouveaux formateurs bénévoles ont rejoint nos équipes en 2020. Ils ont été 801 au total en 2021. En conséquence, 2 122 détenus et personnes en situation difficile ont continué à bénéficier d’une offre de formation personnalisée :

  • lutte contre l’illettrisme ;  
  • acquisition de la lecture et de l’écriture ; 
  • assimilation des programmes du collège (français, mathématiques, langues vivantes…) ; 
  • accès à de nouveaux horizons par la préparation du Brevet, de CAP, de concours ou du Diplôme d’Accès aux Etudes Universitaires) ; 
  • ou encore formations diplômantes. 

Associée à l’implication formateurs, des correspondants de prison et des équipes salariées, cette mobilisation exemplaire favorise la réinsertion sociale des individus qui, sans cela, n’ont souvent pas d’autre contact avec le monde extérieur. 

Initiatives des bénévoles pour maintenir les liens 

Bien qu’intervenant exclusivement par correspondance, les bénévoles ont réussi à maintenir les personnes en détention actives. Comment ? Par des innovations pédagogiques attrayantes. 

  1. Par exemple les apprenants Français Langue Étrangère ont pu se former durant l’été avec un cahier d’activités ludique sur le thème des étoiles, articulé autour de chansons, de dessins, de sports et qui se termine par des exercices. 
  2. De leur côté, les femmes détenues au centre pénitentiaire de Rennes ont travaillé huit semaines sur un projet de lectures et de chants grâce à l’appui de l’établissement. L’enregistrement final a été offert en décembre 2021 sous forme de CD aux seniors des Ehpad d’Ille-et-Vilaine. 
  3. Enfin, citons un beau travail littéraire onirique intitulé « L’Évasion ». Il s’agit d’une nouvelle écrite à quatre mains par un apprenant détenu en Isère et sa professeure d’histoire et géographie sur le principe des « cadavres exquis ».

Ces expériences appréciées des bénéficiaires ont permis à ces derniers de garder un lien avec le monde extérieur, mais aussi de réparer une estime de soi mise à mal par les privations de parloir, la surpopulation carcérale et autres effets souvent invivables de l’état d’urgence sanitaire.

Amélioration de l’accompagnement des bénévoles

Le dévouement des formateurs est d’autant plus louable que les détenus ont exprimé par courrier leur détresse « de manière très directe, beaucoup plus qu'avant », selon Marielle Savignac, psychologue bénévole spécialisée en écoute épistolaire.  

 

En renfort, les équipes de coordination ont gagné en efficacité pour accueillir les candidats aux enseignements et les orienter de manière plus fluide, tout en soignant l’accueil et la formation des nouveaux bénévoles. 

 

La gestion des situations difficiles à la fois pour les bénévoles et les bénéficiaires a été facilitée par des séances régulières d’échanges en visioconférence avec les équipes de Nanterre.

Programme sur mesure pour accompagner la sortie

Autre innovation déjà évoquée dans nos actualités : les promotions Victor Hugo, un dispositif d’accompagnement déployé sur trois maisons d’arrêt franciliennes, Nanterre, Villepinte et Paris la Santé, dans le cadre d’un partenariat avec l’association Justice 2ème Chance. Cette aide à la remobilisation et à la recherche active d’emploi a concerné les détenus libérables. Une trentaine de détenus ont ainsi pu construire un projet professionnel individualisé bien avant de sortir de prison.  

Une fois libérés, ils ont été recrutés par des structures intérimaires ou d’insertion, en partenariat avec Justice 2ème chance en Île-de-France. 

Faut-il le rappeler ? En l’absence d’un tel plan de professionnalisation, près de 60% des levées d’écrou sont suivies d’une nouvelle condamnation 5 ans plus tard. Tout aussi grave : près d’un tiers des personnes libérées récidivent au bout d’un an, selon une étude du service statistique du ministère de la Justice (SDSE). 

Le Parcours Insertion Citoyenneté : formations par et pour le numérique

Alors que la crise sanitaire a poussé la digitalisation des apprentissages hors prison, le chantier « Numérique En Détention » est encore en projet, embarqué dans le plan de transformation numérique du ministère de la justice. 

 

L’une des réalisations décisives d’Auxilia ces deux dernières années a été de prendre les devants en investissant dans un programme de formation numérisé. À ce jour trente modules ont été créés, susceptibles d’enrichir les canaux de diffusion de l’administration pénitentiaire.  

 

Les vidéos, quizz en ligne et fiches pratiques abordent les questions qui effraient souvent les détenus en voie de libération : comment créer un compte bancaire, organiser sa recherche d’emploi, réussir un entretien d’embauche, gérer les troubles du sommeil et autres problèmes de santé…

En conclusion : des dynamiques à pérenniser absolument

Mobilisation des équipes, innovations pédagogiques et technologiques, soutien amplifié des bénévoles en première ligne, il ne fait aucun doute que ces deux dernières années ont rapproché Auxilia de la vision de ses fondatrices : insérer professionnellement les grands oubliés de la république. 

Cependant malgré une valorisation de l’action bénévole à hauteur de 5 fois le budget, le financement de ces réalisations reste à sécuriser, compte tenu de l’évolution observée des modes de soutien public et privé. Dans la mesure où, par exemple, les appels à projets prennent le pas sur les subventions directes, nous comptons plus que jamais sur le soutien complémentaire de nos partenaires, nos membres et nos sympathisants.  

Vous souhaitez, vous aussi, aider les personnes en grande difficulté à retourner à la vie active ? Rendez-vous dès maintenant sur la page dédiée : Nous soutenir. 

 

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