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18/08/2022

L’éducation des adultes est un droit fondamental

Nelson Mandela l’a très justement écrit : « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde [1] ». De fait, dès 1946, la Constitution de la IVème république française avait gravé dans son préambule le devoir pour la Nation d’organiser l’accès de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. 

  

Pourtant il nous apparaît nécessaire aujourd’hui encore de rappeler les raisons pour lesquelles l’éducation de tous les adultes constitue un droit inaliénable qu’il faut, de ce fait, continuer à défendre. 

 

L’éducation permet aux adultes d’exercer leurs autres droits humains

La Déclaration universelle des droits de l’homme affirme l’indivisibilité et l’interdépendance des droits de l’homme. Cela signifie qu’un adulte ne peut pas jouir pleinement d'un droit sans exercer les autres. Par exemple, le droit des mères à une protection particulière avant et après la naissance est indissociable de leur droit à la non-discrimination. 

 

Un cas particulier : les personnes détenues sont, par définition, privées de leur droit à la liberté. Il n’empêche que ces personnes conservent les autres droits humains, à commencer par le droit d’être traité avec humanité en détention. C’est pourquoi le code pénal prévoit que toute personne détenue a le droit d’accéder à une formation en vue de sa réinsertion.

 

L’éducation permet de sortir de la pauvreté les adultes socialement exclus

Dans une société de savoir, il est vital de justifier de connaissances et de compétences qui permettent de participer à la vie professionnelle et sociale de façon autonome. L’exclusion implique au contraire de n’avoir ni les ressources matérielles ni l’aptitude à l’intégration sociale et à la vie active.  

 

Au niveau économique, nul ne doute de l’importance de la scolarité pour trouver un emploi durable. Retenons les chiffres de l’UNESCO qui estime que chaque année de scolarisation augmente les futurs revenus de 10 % pour les hommes et jusqu’à 20 % pour les femmes [2]. 

 

À un niveau plus global, la pauvreté doit être adressée au pluriel, car elle est souvent aussi sociale, relationnelle et culturelle, en particulier pour les personnes en détention. C’est pour arrêter la spirale qui lie pauvreté et prison qu’une enquête d’Emmaüs France et du Secours Catholique [3] préconise d’améliorer significativement l’employabilité des personnes à leur sortie de détention par des formations résolument diplômantes ou qualifiantes. La même étude recommande d’associer le versement d’une aide financière à une personne détenue d'une possibilité d’être accompagné par un intervenant associatif, si elle le souhaite. 

 

L’éducation des adultes réduit les inégalités

L’obligation scolaire jusqu’à 16 ans ne garantit plus les connaissances et compétences du second degré, si l’on en croit les conclusions tirées par le Cnesco en 2016 [4] : en 2012, les élèves des établissements les plus défavorisés ne maîtrisaient que 35% des compétences attendues en français en fin de troisième, contre 80% pour les établissements les plus favorisés.  

 

On comprend donc l’importance de la formation continue pour pallier les déficits en éducation de base dont souffrent les adultes vulnérables, dont les personnes reconnues en situation de handicap. 

 

Dans ce sens, l’UNESCO a défini en 2015 trois domaines à intégrer nécessairement dans l’éducation des adultes :  

  • L’alphabétisation de base et les fondamentaux de l’enseignement primaire ; 
  • La formation continue et l’évolution professionnelle ; 
  • Les fondements de la citoyenneté. 

 

Que fait Auxiliapour le droit à l’éducation des adultes ?

Depuis 1929, conjointement à son action d’hébergement et d’insertion des personnes et des familles en situation de grande précarité, l’association Auxilia complète les efforts du système éducatif et du milieu ordinaire en formant à distance et en présentiel les personnes détenues et en situation difficile, dont les travailleurs reconnus handicapés en reconversion professionnelle.  

 

Cette mission reconnue d’utilité publique, Auxilia la réalise sur deux pôles :  

  • L’enseignement à distance (EAD)   
  • l’Établissement et Service de Réadaptation Professionnelle (ESRP) 

De façon personnalisée, gratuite et professionnalisante, les formateurs-enseignants bénévoles de l’EAD mettent en œuvre des ressources pédagogiques propres à l’accompagnement des apprenants adultes en vue de leur réinsertion.  

L’ESRP propose quant à lui des parcours de formations qualifiantes ou pré-qualifiantes à des personnes reconnues Travailleur Handicapé qui n’ont plus la possibilité d’exercer leur ancien métier. Après la mise en place d’un projet de reconversion professionnelle accompagné d’un suivi médical, psychologique et social, la formation est validée par un Titre Professionnel de niveaux 3 (CAP/BEP) ou 4 (BAC PRO) délivré par le Ministère du Travail. 

 

Pour en savoir plus ces deux pôles de formation, rendez-vous sur nos pages :  

Les formations par correspondance (EAD)  

Les formations qualifiantes et pré-qualifiantes (ESRP) 

 

[1] Un long chemin vers la liberté, 1995, Fayard

[2] Rapport mondial de suivi sur l’Éducation pour tous (2013) : L’Éducation transforme nos existences.

[3] Étude menée en association avec Auxilia, une nouvelle chance : Au dernier barreau de l'échelle sociale : la prison (2021)

[4] Conseil national d'évaluation du système scolaire 

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